Du Dîner de Maintenant

- peut-être qu’il faut qu’on embauche un consultant, non?
- pourquoi? j’ai la bouche toute sale maintenant?
- non, non, absolument pas… mais bon, t’as vu ?
- quoi? Ah mais ce n’est pas de ma faute, j’ai mis les dents et j’ai tiré!
- que puis-je ajouter? t’as vu les photos des invités… on dirait Antoine de Caunes bourré…
- boh, c’est pas mal comme ça non?
- bah de toute façon, comme ils disent aux Chiffres et aux Lettres, pas mieux!
- et puis, après tout, elle est souriante mais son surnom, c’est Peggy…
- Hein?
- cherche pas, ça n’a rien à voir…
- ah, je ne l’écris pas donc?
- non..

ça ressemblait à cette conversation le dîner du jeudi de Maintenant…
à tel point, que nos convives en sont ressortis un peu flou

et même qu’on a écouté ça
et même qu’on y a mangé ça:
Nems de poireaux au chèvre frais
Cuillérées de girolles
Filet de daurade en croûte d’herbes et salade de pousses d’épinard
Poires pochées au vin et aux épices, sauce caramel au beurre salé et glace aux marrons glacés

Du Dîner Latino


ce soir-là, pour la première fois, le thème de la soirée avait été déterminée par les invités du diner précédent

le traquenard…
Latino, ils ont choisi


non, mais sérieusement!! comment voulez-vous que je vous ponde une playlist latine moi?
je n’ai rien contre cette musique, c’est juste que…
enfin, bref, si vous vous en foutez autant que moi, il est inutile d’épiloguer sur ce sujet
d’autant que mes valeureux efforts pour construire une playlist raffinée ont été ravagé par une critique proche de la pire censure…

ceci mis à part, on a parlé utopie et guerre mondiale au dîner Latino
on a défendu le protectionnisme et le libéralisme effrené parce-qu’on est comme ça au diner du jeudi
ouvert à tous les courants de pensées pour peu qu’on ait un bon plat à manger et un verre au pire à moitié-vide

même que nos convives nous ont gatés puisqu’on a reçu en cadeau un livre d’or vierge, une bouteille de brandy de Paris et un chou…

mais tout de même, cette playlist… elle déchire non?

et même que ce soir-là, on a mangé ça:
Cubes de polenta, chorizo et abricot
Crème de maïs, fromage blanc et guacamole
Risotto aux champignons et aux gambas accompagné de mesclun aux pistachesa>
« The Jean Genie »

Du Dîner Et Pourquoi Pas?


« j’ai l’impression que ça me fait gonfler les lèvres»
ce soir-là, au dinerdujeudi, une expérience culinaire a été tentée…
pris par suprise, les convives ont été bucalement enflammés
au point de se laisser aller à des confidences inattendues…

il y a quelques années, l’un de nos convives avait d’ailleurs essayer
d’en découdre avec le roi Federer au milieu de son jardin anglais
et déjà, dès lors, avait-il vraisemblablement pensé
après un énième service impossible à retourner
« j’ai l’impression que ça me fait gonfler les lèvres»

quelle soirée de feu en tout cas!
à son crépuscule un invité s’est même esbaudi
« pourquoi y a trois guitares? »
peu importe la réponse qui fut alors formulée
peut-être aurait-il mieux fallu encore copier-coller
une autre des phrases mythiques de ce dîner
« ta question, je la trouve ridicule! »

et même que ce soir-là, on a mangé ça
Toastinettes chèvre, miel et mirabelles
Toastinettes radis et beurre salé
Brochettes de boeuf et nouilles au curry rouge et lait de coco
Liptonita

et même qu’on a écouté ça –> Playlist Diner Et Pourquoi Pas?

Du Dîner Rentrée

on aurait pu hésiter à délocaliser un diner du jeudi en province
un peu comme un conseil des ministres à Strasbourg, ou un match de l’équipe de France à Sochaux
on aurait pu mais on ne l’a pas fait
et si on avait voulu le faire, sans doute que cela aurait été celui-là
et probablement qu’on l’aurait délocalisé à Grenoble
dans une auberge quelconque, quelque part entre Vercors et Chartreuse

et de la chartreuse à l’absinthe, il n’y a que quelques pas que je n’hésite pas à franchir
car si nous avons, une fois de plus, bien mangé à ce diner du jeudi,
il est probable que l’on se souviendra longtemps de la bouteille d’absinthe apportée ce soir-là par un des convives

et sans doute que longtemps encore, nos neurones endommagées viendront nous siffler violemment en y repensant
«plus jamais ça!»

et ce soir là, on a écouté ça!
Le Attaix au Concombre
Chic roll-up
Profiteroles de poulet et sa terrine d’aubergines, sauce tomate
Clafoutis aux pommes et son caramel à la framboise

Du Dîner It’s Never Over

on a qu’à dire que Brise-burne serait une ville d’Australie…
à tel point que même, Besançon, ce serait (un peu) Byzance…

alors on déciderait de partir au volant d’une voiture volée à Groningen, faire un concert de punk hardcore à Goa

il s’agirait bien sûr d’être méfiant
de derrière ou par devant, un mauvais coup est si vite arrivé
et après tout, qui n’a jamais croisé un suppositoire-torpille agressif en chasse d’un mille-pattes humains?

méfiant donc… mais alerte surtout!
prêt à saisir la moindre opportunité d’une belle femme qui aurait un prénom de fantasme
ou d’une autre qui s’appelerait sonomi

et l’on se réveillerait un beau matin
quatre pots de confiture posés sur la table du voisin
prune, coing, mure ou fraise
peu importe, tant qu’on ne tarde pas à récupérer le fumeux nectar qui saura nous éveiller
comme on dit dans le Jura, café-bouillu, café-foutu…

c’était quelque chose qui resssemblait à ce rêve incertain le dernierdujeudi de la saison
et même qu’on a écouté ça
et même qu’on a mangé ça:
Toastinettes Black&White
Les Bouchées Vertes
Saltimbocca Coppa-Mozza, purée de petits pois et spaghettis
Mille-Feuille aux fruits rouges et sa sauce au chocolat