Du Dîner Rentrée

on aurait pu hésiter à délocaliser un diner du jeudi en province
un peu comme un conseil des ministres à Strasbourg, ou un match de l’équipe de France à Sochaux
on aurait pu mais on ne l’a pas fait
et si on avait voulu le faire, sans doute que cela aurait été celui-là
et probablement qu’on l’aurait délocalisé à Grenoble
dans une auberge quelconque, quelque part entre Vercors et Chartreuse

et de la chartreuse à l’absinthe, il n’y a que quelques pas que je n’hésite pas à franchir
car si nous avons, une fois de plus, bien mangé à ce diner du jeudi,
il est probable que l’on se souviendra longtemps de la bouteille d’absinthe apportée ce soir-là par un des convives

et sans doute que longtemps encore, nos neurones endommagées viendront nous siffler violemment en y repensant
«plus jamais ça!»

et ce soir là, on a écouté ça!
Le Attaix au Concombre
Chic roll-up
Profiteroles de poulet et sa terrine d’aubergines, sauce tomate
Clafoutis aux pommes et son caramel à la framboise

Du Dîner It’s Never Over

on a qu’à dire que Brise-burne serait une ville d’Australie…
à tel point que même, Besançon, ce serait (un peu) Byzance…

alors on déciderait de partir au volant d’une voiture volée à Groningen, faire un concert de punk hardcore à Goa

il s’agirait bien sûr d’être méfiant
de derrière ou par devant, un mauvais coup est si vite arrivé
et après tout, qui n’a jamais croisé un suppositoire-torpille agressif en chasse d’un mille-pattes humains?

méfiant donc… mais alerte surtout!
prêt à saisir la moindre opportunité d’une belle femme qui aurait un prénom de fantasme
ou d’une autre qui s’appelerait sonomi

et l’on se réveillerait un beau matin
quatre pots de confiture posés sur la table du voisin
prune, coing, mure ou fraise
peu importe, tant qu’on ne tarde pas à récupérer le fumeux nectar qui saura nous éveiller
comme on dit dans le Jura, café-bouillu, café-foutu…

c’était quelque chose qui resssemblait à ce rêve incertain le dernierdujeudi de la saison
et même qu’on a écouté ça
et même qu’on a mangé ça:
Toastinettes Black&White
Les Bouchées Vertes
Saltimbocca Coppa-Mozza, purée de petits pois et spaghettis
Mille-Feuille aux fruits rouges et sa sauce au chocolat

Du Dîner Déco

« le fanatisme israélo-palestinien a-t’il encore toute sa place au vingt-et-unième siècle?»

j’imagine que vous êtes bluffés, n’est-ce pas?
qui aurait pensé qu’un vendredi soir, un dinerdujeudi accoucherait d’un débat aussi frétillant?

impressionnés?
ou peut-être même carrément dégoutés qui sait?
peu importe car le dinerdujeudi n’hésitera jamais s’il le faut à poser les vraies questions sur l’innovation sémantique du nouveau millénaire?

vous ne comprenez peut-être pas tout ce que vous venez de lire, n’est-ce pas?
ou peut-être que vous réfléchissez déjà à ce concept essentiel qui a presque fait se retourner la table du dinerdujeudi sur elle-même?

peut-on se permettre en France en 2010 d’évoquer le fanatisme israélopalestinien au risque d’un amalgame lexicalement scandaleux?

pour la paix de ménages et de ma cage d’escalier, cette question ne sera pas ici tranchée…

toujours est-il que ce soir-là, on a écouté ça…

…et on a mangé ça:
Tomates cerises au thon et à la brousse
Dos de cabillaud caché, asperges vertes et chips de lard fumé
Mini brochettes d’aubergines et de mozzarella
Panacotta limoncello&lemoncurd et financier aux framboises